Toute femme est amère comme le fiel ; mais elle a deux bonnes heures, une au lit, l’autre à sa mort.

Carmen est une histoire de drames et de passions.
De ses pages émanent la soif ardente de la « sierra » espagnole, l’odeur de la flore andalouse, les épices tziganes, la sueur et le sang.On y entend des chansons oubliées, des guitares désaccordées, des cris de joie et de terreur. Suite aux défaites napoléoniennes de 1808 dans la péninsule ibérique, un certain penchant pour l’exotisme espagnol était en vogue dans la littérature française de l’époque, mais c’est dans cette œuvre que pour la première fois, le premier rôle est attribué à une gitane.

La force avec laquelle elle apparaît dans la littérature est si révolutionnaire qu’elle va en devenir une figure emblématique qui influencera les générations suivantes.Le personnage de Carmencita se pose comme étant celui de la « femme fatale », cher à l‘esprit « décadent » français et européen d’alors.

Carmen conquiert, séduit, corrompt. Son charme obscur, emprunt de magie et d’ésotérisme s’alimente d’un goût pour le grotesque et le mal. Elle tire les cartes, prédit l’avenir, mais surtout, dirige et manipule le destin.L’histoire pourrait être ainsi lue comme étant celle de la manipulation dont est victime le naïf Don José, ceci jusqu’à sa réhabilitation finale.

Il est néanmoins difficile de critiquer ou de juger Carmen, créature d’apparence humaine, sauvage et indépendante, à la fois naturelle et surnaturelle, sorcière et nymphe. Elle est porteuse d’une étrange beauté, femme caméléon qui se pare de jasmin et de fleurs de cassis, comme si son milieu naturel se trouvait plutôt au sein des odorants buissons andalous que parmi le monde des hommes.

C’est ce caractère farouche et sauvage du personnage de Carmencita qui a suscité et stimulé l’intérêt d’Annie Nap ; ayant toujours été fascinée par la figure séraphique de la nymphe, elle a choisi d’ illustrer ce récit de Mérimée en s’attachant particulièrement aux aspects sensuels et occultes de l’héroïne.

Le travail photographique qui en résulte, se fixe notamment pour objectif d’illustrer la beauté énigmatique de cette femme en mettant particulièrement l’accent sur la complexité psychologique du personnage. C’est par l’adjonction de photographies des paysages sinueux de la sierra espagnole aux photographies de portrait, que la photographe a introduit la complexité de l’intériorité du personnage, son côté surnaturel et quasi divin. A l’instar de Mérimée et de son voyage en Espagne en 1830, la photographe s’est ainsi rendue sur les lieux où se déroule l’action, afin de donner vraisemblance et authenticité à son travail. Annie Nap a donc souhaité à travers cette série, dresser le portrait d’une femme qui porte en elle et sur ses traits, une beauté à la fois mature et dangereuse, au charme d’un féminisme antélliteram si puissant, qu’il la portera à choisir la mort au nom de la liberté personnelle et du désir d’indépendance.



Lettering EdoardoMeda

Poetry
EdoardoAngrilli

Carmencita Léa Geoffroy

Traduction Didier Robcis



Book CARMENCITA  €20

Design @Davide Colella

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